Intervention lors de la fête de la francophonie 2018

Intervention de l’Ambassadeur, M. Jean-Louis ZOËL le 22 mars 2018 au Centre-Culturel Franco-Bissau-Guinéen (CCFBG) à l’occasion de la Fête de la Francophonie.

Je salue la présence ce soir de (…)

Le 20 mars 1970 était signé à Niamey (Mali) le traité créant la première agence de coopération à vocation générale pour les pays ayant en partage le français, j’ai nommé l’ACCT (Agence de Coopération Culturelle et Technique).

Et depuis, traditionnellement, le 20 mars, les jours voire la semaine autour du 20 mars, s’organisent, selon les pays, des évènements pour fêter la francophonie.
La Francophonie, c’est maintenant une organisation internationale appelée l’O.I.F., l’Organisation Internationale de la Francophonie, dont la Guinée-Bissau est membre avec 57 autres Etats plus 26 Etats observateurs.

L’ACCT, l’ancêtre de la francophonie institutionnelle, ce n’était pas une création ou une initiative de la France. Les pères fondateurs de la francophonie n’étaient pas en effet de nationalité française. Sa plus lointaine origine remonte à une proposition clairvoyante, en 1967, de Norodom Sihanouk (Cambodge), Charles Helou (Liban) et de trois leaders africains, Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger) et Leopold Sédar Senghor (Sénégal). La France a naturellement répondu positivement. C’est ainsi qu’est née l’ACCT dont l’O.I.F. actuelle est l’héritière.

A Bissau, après une interruption en 2015 et 2016, nous avions pu renouer en 2017, avec cette tradition de « fête de la francophonie ». Et en 2018, grâce à la nouvelle directrice du CCFBG, qui est à mes côtés, Mme Isabelle DIRIS, nous avons pu programmer certains évènements autour de la fête de la francophonie. En vérité, Mme Diris n’est là que depuis à peine un mois, le délai était donc court. Un grand merci donc à tous ceux qui ont bien voulu contribuer à l’organisation de ces évènements. Je remercie l’équipe du centre, les membres du personnel, les professeurs et leurs étudiants, comme toutes les institutions partenaires, notamment l’Ecole Française René Descartes de Bissau.

Mme DIRIS qui a déjà une grande expérience de notre réseau culturel y compris en pays lusophone à Sao Tomé et au Brésil. C’est la première fois depuis 2014, depuis 4 ans, que le ministère français des affaires étrangères nomme un directeur expatrié de plein exercice pour le centre culturel. C’est un signal très clair de l’engagement du Gouvernement français à maintenir et soutenir le Centre Culturel Franco-Bissau-Guinéen pour assurer le cœur de ses missions au premier rang desquelles, l’enseignement du français.

La francophonie ce n’est pas principalement l’OIF ni la constellation des institutions qui accompagnent son action. C’est d’abord à l’évidence, la langue française et il faudrait dire les langues françaises.

Le français est une des grandes langues de communication, à la fois internationale et présente sur chacun des cinq continents. Elle a parfois été perçue comme la langue de l’amour et de l’esprit, mais au-delà de ce cliché, c’est une langue de culture et de civilisation, une énergie pour s’ouvrir au monde, une manière de le percevoir, de l’entendre et de le penser. De par son histoire, la langue française est aussi porteuse d’un message humaniste et de valeurs de liberté, de tolérance et de partage. Elle n’a pas ce monopole heureusement, mais elle les véhicule avec des intonations et des variations très spécifiques.

William Faulkner, un grand écrivain américain mais qui était aussi un parfait connaisseur de notre langue et de notre littérature a fait ainsi dire à un de ses personnages : « Les mots ne correspondent jamais à ce qu’ils s’efforcent d’exprimer ». Chaque langue est ainsi une approche de la réalité et de la conscience.

Le français est également une langue professionnelle. Sa maîtrise, pour ceux dont ce n’est pas la langue maternelle ou la langue d’usage, est, une compétence, un acquis, un outil de compétition, une clef pour ouvrir des portes en termes d’emplois ou d’études.

C’est enfin, pour un pays comme la Guinée-Bissau, un vecteur de développement et d’intégration régionale économique et juridique, avec des institutions comme l’UEMOA, l’OHADA et la CIMA, ses deux voisins (Sénégal et Guinée-Conakry) et l’Afrique de l’Ouest qui compte de nombreux pays francophones.

Depuis longtemps, la francophonie est comme une famille, une famille élargie, créative et très diverse. Selon une autre expression imagée que j’aime bien, inspirée par Tahar ben Jelloun, la francophonie c’est comme une maison à plusieurs étages : la France en occupe un et nos amis africains plusieurs. D’autres enfin sont occupés par des Etats, des provinces, des régions aux quatre coins du monde.

La francophonie a su évoluer au fil du temps en intégrant à sa vocation première - la langue française - la diversité et le dialogue des cultures, la démocratie et les Droits de l’Homme et enfin la solidarité et le développement durable. L’OIF s’est pleinement mobilisée pour l’adoption en 2005 de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Son plaidoyer n’est pas que pour le français ou les variétés de la langue française mais aussi plus généralement pour la préservation de la pluralité des langues et des cultures. Il y a parait-il près de 6.500 langues recensées sur notre planète, certaines sont menacées d’extinction. Les langues et les cultures font pourtant partie du patrimoine de l’humanité. « Francophonie, lusophonie, même combat » pourrait-on dire pour ne prendre que deux exemples de langues européennes pratiquées ici mais cela vaut pour toutes les langues.

Merci de votre attention et de votre patience. Muito obrigado.

Dernière modification : 04/04/2018

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